1/2018
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Paru en 2016, La philosophie de John Dewey de Stéphane Madelrieux représente une contribution importante à la littérature francophone sur le pragmatisme et la philosophie américaine. L’auteur n’en est pas à son premier ouvrage sur ce courant de pensée. Il s’est particulièrement distingué avec le livre issu de sa thèse, William James. L’attitude empiriste (2008) et l’édition de Bergson et James : cent ans après (2011), ainsi que sa participation à la traduction de l’ouvrage de John Dewey L’influence de Darwin sur la philosophie et autres essais de philosophie contemporaine (2016). Pour un ouvrage qui, au premier abord, peut sembler constituer une simple présentation générale de la pensée de Dewey, on trouve dans La philosophie de John Dewey une stratégie plutôt audacieuse et originale. La ligne directrice de l’ouvrage est le problème central que le philosophe américain a présenté à plusieurs reprises comme étant à la source de l’ensemble de ses écrits. Ce problème est celui de la dichotomie dans la méthode de fixation des croyances, selon qu’elles portent sur les phénomènes de la nature, rendue possible par la méthode expérimentale, ou selon qu’elles concernent les valeurs faisant autorité dans l’orientation de la conduite humaine. Le propos du livre est d’autant plus intéressant qu’il affirme l’existence d’une continuité entre de grands pans de la pensée de Dewey, soit le naturalisme, l’instrumentalisme, sa théorie générale des valeurs, ses conceptions de l’éducation et de la démocratie. L’ouvrage offre un portrait grand angle de la pensée de Dewey. Sur des sujets difficiles d’accès pour le grand public, il est servi par une remarquable clarté d’écriture et d’analyse…
Pour citer la recension
Nicolas Bernier, Recension de Stéphane Madelrieux, La Philosophie de John Dewey, Pragmata, n° 1, 2018, p. 454-468.
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