1/2018
Début de l’article
Poursuivant leur précieux travail de diffusion de la pensée de Dewey auprès du public français, les éditions Gallimard ont fait paraître en 2016 une nouvelle traduction du philosophe américain intitulée L’influence de Darwin sur la philosophie et autres essais de philosophie contemporaine, co-éditée par Claude Gautier et Stéphane Madelrieux, également traducteurs du volume avec Lucie Chataigné Pouteyo et Emmanuel Renault. Le livre réunit une dizaine d’articles et de conférences rédigés entre 1897 et 1910. Comme l’expliquent très clairement les éditeurs de la traduction française, il témoigne d’une période cruciale de « transition » et de « reconstruction », durant laquelle Dewey s’éloigne de l’idéalisme d’inspiration hégélienne pour élaborer un « nouvel empirisme fonctionnel », qui cherche ses sources, dans le sillage de William James, du côté de la théorie darwinienne de l’évolution (p. 264). La « Postface » que Claude Gautier et Stéphane Madelrieux ont rédigée en fin d’ouvrage constitue d’ailleurs, il faut le signaler ici, une excellente introduction à l’œuvre de Dewey, permettant de mieux saisir comment un livre peut conjuguer dans le même geste philosophique une reconstruction de la philosophie morale et de la philosophie de la connaissance à partir de la révolution darwinienne. Pour Dewey, en effet, c’est cette révolution qui impose que s’effondre la séparation étanche, théorisée au moins depuis Kant, entre le champ de la science et celui de la moralité…
Pour citer la recension
Barbara Stiegler, « John Dewey, L’influence de Darwin sur la philosophie et autres essais de philosophie contemporaine », Pragmata, n° 1, 2018, p. 438-453.
