Recension : Daniel R. Huebner, Becoming Mead: The social process of academic knowledge, par Matteo Santarelli

1/2018


Début de l’article

Daniel R. Huebner a préparé sa thèse à l’Université de Chicago, sous la direction d’Andrew Abbott, en étant suivi par un 
comité comprenant Hans Joas et Andreas Glaeser. L’ouvrage Becoming Mead, issu de ce travail de thèse, poursuit deux objectifs explicites : contribuer, d’une part, à une meilleure compréhension de la pensée de Mead ; proposer, d’autre part, une analyse de la production intellectuelle en l’envisageant d’abord comme un « processus social concret » (p. 12). L’auteur entend ainsi enrichir notre connaissance philosophique ou sociologique de Mead, en faisant un travail de bénédictin sur les textes, mais il le fait en nous offrant une étude de cas qui relève de l’histoire et de la sociologie de la connaissance. Il a ainsi mené une enquête extensive en archives, à commencer par les George Herbert Mead Papers 1855-1968, conservés au Special Collections Research Center de l’Université de Chicago, mais il a aussi constitué sa propre archive, en rassemblant des notes de cours inédites (Appendix B : 233-243). Les deux objectifs convergent dans l’objet principal du livre, à savoir : la reconstruction des processus sociaux qui ont défini, au cours du temps, la figure intellectuelle de George Herbert Mead…


Pour citer la recension

Matteo Santarelli, « Daniel R. Huebner, Becoming Mead: The social process of academic knowledge », Pragmata, n° 1, 2018, p. 470-485.

Capture d’écran 2018-09-27 à 12.02.20.png

 

Télécharger l’article intégral

Recension : John Dewey, L’influence de Darwin sur la philosophie et autres essais de philosophie contemporaine, par Barbara Stiegler

1/2018


Début de l’article

Poursuivant leur précieux travail de diffusion de la pensée de Dewey auprès du public français, les éditions Gallimard ont fait paraître en 2016 une nouvelle traduction du philosophe américain intitulée L’influence de Darwin sur la philosophie et autres essais de philosophie contemporaine, co-éditée par Claude Gautier et Stéphane Madelrieux, également traducteurs du volume avec Lucie Chataigné Pouteyo et Emmanuel Renault. Le livre réunit une dizaine d’articles et de conférences rédigés entre 1897 et 1910. Comme l’expliquent très clairement les éditeurs de la traduction française, il témoigne d’une période cruciale de « transition » et de « reconstruction », durant laquelle Dewey s’éloigne de l’idéalisme d’inspiration hégélienne pour élaborer un « nouvel empirisme fonctionnel », qui cherche ses sources, dans le sillage de William James, du côté de la théorie darwinienne de l’évolution (p. 264). La « Postface » que Claude Gautier et Stéphane Madelrieux ont rédigée en fin d’ouvrage constitue d’ailleurs, il faut le signaler ici, une excellente introduction à l’œuvre de Dewey, permettant de mieux saisir comment un livre peut conjuguer dans le même geste philosophique une reconstruction de la philosophie morale et de la philosophie de la connaissance à partir de la révolution darwinienne. Pour Dewey, en effet, c’est cette révolution qui impose que s’effondre la séparation étanche, théorisée au moins depuis Kant, entre le champ de la science et celui de la moralité…


Pour citer la recension

Barbara Stiegler, « John Dewey, L’influence de Darwin sur la philosophie et autres essais de philosophie contemporaine », Pragmata, n° 1, 2018, p. 438-453.

Capture d’écran 2018-09-27 à 11.58.13.png

 

 

Télécharger l’article intégral

L’édition comme expérience : La collection « Tiré à part » des Editions de l’Eclat. Entretien avec Michel Valensi

1/2018


Résumés (fr/ang/esp)

L’édition comme expérience : La collection « Tiré à part » des Éditions de l’Éclat. Entretien avec Olivier Gaudin et Thibaud Trochu
Michel Valensi et Patricia Farazzi ont fondé les Éditions de l’Éclat en 1985. Avec la cinquantaine de titres de la collection « Tiré à part » (1989-2009), dirigée par Jean- Pierre Cometti (disparu en 2016), cette maison a contribué à introduire de nouveaux auteurs nord-américains dans le paysage francophone. L’idée directrice de l’entretien est que l’activité éditoriale, qui passe souvent au second plan de l’histoire de la philosophie et des sciences humaines, en est une condition décisive. Michel Valensi a accepté de nous répondre en tant que promoteur – et témoin direct – de ces circulations transnationales de nouvelles idées.
 Il nous fournit quelques clefs pour mieux comprendre
les conditions de diffusion en français du pragmatisme classique et du néo-pragmatisme. Comment ces auteurs ont-ils pu trouver leur public ? Autour de quels textes ? Dans quelles circonstances ? Grâce à quelles conditions de coopération et de financement ? Moyennant quels soutiens institutionnels ou privés ? Les réponses de Michel Valensi nous montrent combien le travail d’édition se nourrit de rencontres fécondes et de bonnes surprises, de hasards et d’imprévus, de coups de foudre et, parfois, d’occasions manquées.
MOTS-CLEFS : PRAGMATISME ; NÉO-PRAGMATISME ; HISTOIRE DES IDÉES ; ÉDITION SCIENTIFIQUE ; TRADUCTION ; PHILOSOPHIE AMÉRICAINE ; ÉDITIONS DE L’ÉCLAT

Publishing as an experience: the publishing house Les Éditions de l’Éclat’s collection “Tiré à part”. An interview with Olivier Gaudin and Thibaud Trochu
Michel Valensi and Patricia Farazzi founded Les Éditions de l’Éclat in 1985. With some 50 titles in the “Tiré à part” collection (1989-2009), edited by Jean-Pierre Cometti (who died in 2016), this publisher has helped to introduce new North American authors onto the French-speaking philosophical scene. The guiding thread of the interview is that the activity of publishing, which is often neglected in the history of philosophy and the social sciences, is a crucial condition of their development. Michel Valensi agreed to be interviewed as a promoter – and direct witness – of these transnational ows of new ideas. He gi- ves us a few keys to understanding the conditions under which classical pragmatism and neo-pragmatism spread into French. How did these authors nd a readership? Through which key texts? Under what circumstances? Under what conditions of cooperation and funding? With what sources of support? Michel Valensi’s answers show us the extent to which the work of publishing is characterised by fruitful encounters and happy surprises, by the unexpected and the unforeseen, by instant attraction and, sometimes, by missed opportunities.

KEYWORDS: PRAGMATISM; NEOPRAGMATISM; HISTORY OF IDEAS; SCIENTIFIC EDITION; TRANSLATION; AMERICAN PHILOSOPHY; ÉDITIONS DE L’ÉCLAT

La edición como experiencia: la colección « Tiré à part » de la editorial Éditions de l’Éclat. Entrevista con Olivier Gaudin y Thibaud Trochu
Michel Valensi y Patricia Farazzi fundaron la editorial Éditions de l’Éclat en 1985. Con los cincuenta y tres « Tiré à part » (1989- 2009), dirigida por Jean Pierre Cometti (fallecido en 2016), la editorial contribuyó a introducir nuevos autores estadounidenses en la escena francófona. La idea central de la entrevista es que la actividad editorial, que pasa con frecuencia a un segundo plano de la historia de la losofía y de las ciencias humanas, es una condición decisiva de ellas. Michel Valensi aceptó responder a nuestras preguntas en tanto promotor y testigo de las circulaciones internacionales de nuevas ideas. ¿Cuáles han sido las condiciones de difusión, en francés, del pragmatismo clásico y del neo-pragmatismo? ¿Cómo estos textos han encontrado su público? ¿Gracias a qué condiciones de cooperación y nanciamiento? ¿A través de qué apoyos institucionales públicos o privados? Las respuestas de Michel Valensi nos muestran en qué medida el trabajo de edición se nutre de encuentros fecundos y buenas sorpresas, de azares e imprevistos, de amores a primera vista y, a veces, de oportunidades desperdiciadas.

PALABRAS CLAVE: PRAGMATISMO; NEO- PRAGMATISMO; EDICIÓN CIENTIFICA; TRADUCCIÓN; FILOSOFÍA AMERICANA; ÉDITIONS DE L’ÉCLAT


Pour citer l’entretien

Michel Valensi, Olivier Gaudin, Thibaud Trochu, « L’édition comme expérience : La collection « Tiré à part » des Editions de l’Eclat. Entretien avec Michel Valensi », Pragmata, n° 1, 2018, p. 372-389.

Capture d’écran 2018-09-27 à 11.56.13.png

 

Télécharger l’article intégral

Comment naît un symbole ? Une comparaison entre Charles S. Peirce et George H. Mead, par Tullio Viola

1/2018


Résumés (fr/ang/esp)

Quelle comparaison peut-on esquisser entre les idées de Charles S. Peirce et George H. Mead sur le thème de la genèse du symbole ? Peirce et Mead dérivent d’un terrain pragmatiste commun certaines hypothèses fondamentales, telles que le raisonnement en termes de processus et l’importance accordée à la notion d’habitude. De plus, leurs théories sont similaires dans la mesure où elles peuvent toutes deux être considérées comme un terrain intermédiaire entre, d’une part, une position rationaliste qui considère le symbole comme le produit d’une convention entre agents rationnels, d’autre part, un empirisme radical qui voit dans le symbole le simple produit de processus de répétition. Les perspectives de ces deux auteurs présentent néanmoins des différences fondamentales, notamment en ce qui concerne la perspective méthodologique adoptée : éminemment sémiotique dans le cas de Peirce, orientée vers la construction d’une théorie sociale dans le cas de Mead. La comparaison entre les deux auteurs vaut donc aussi comme invitation à réfléchir sur les possibilités et les limites d’une théorie pragmatiste plus générale du symbole.

MOTS-CLEFS : PRAGMATISME ; CHARLES S. PEIRCE ; GEORGE H. MEAD ; SYMBOLE ; CONVENTION ; HABITUDE.

How does a symbol come about? A comparison between Charles S. Peirce and George H. Mead.
What comparison can be drawn between Charles S. Peirce and George H. Mead on the genesis of the symbol? Building on a shared pragmatist foundation, Peirce and Mead derive certain fundamental hypotheses, such as thinking in terms of processes and the importance attributed to the notion of habit. In addition, their theories are similar in so far as they can both be considered as a midpoint between, on the one hand, a rationalist position in which the symbol is perceived as the product of agreement between rational agents, and on the other hand a radical empiricism which sees the symbol simply as the outcome of processes of repetition. Nonetheless, there are fundamental differences between the perspectives of these two authors, in particular with regard to methodology: highly semiotic in the case of Peirce, oriented towards the construction of a social theory in the case of Mead. The comparison between the two authors is therefore also an invitation to think about the possibilities and limitations of a more general pragmatist theory of symbolic expression.

KEYWORDS: PRAGMATISM; CHARLES S. PEIRCE; GEORGE H. MEAD; SYMBOL; CONVENTION; HABIT.

¿Cómo nace un símbolo? Una comparación entre Charles S. Peirce y George H. Mead.
Este artículo propone una comparación entre las teorías pragmatistas de Charles S. Peirce y George H. Mead, acerca del tema de la génesis del símbolo. Peirce y Mead derivan, de un terreno pragmatista común, ciertas hipótesis fundamentales tales como el razonamiento en términos de proceso y la importancia otorgada a la noción de hábito. Además, sus teorías son similares en la medida en que las dos pueden ser consideradas como un terreno intermedio entre, de una parte, una posición racionalista que considera el símbolo como el producto de una convención entre agentes racionales y, de otra parte, un empirismo radical que ve en el símbolo un simple producto de procesos de repetición. Las teorías de estos dos autores también representan diferencias fundamentales, especialmente en relación a la perspectiva metodológica adoptada: en el caso de Peirce ella es eminentemente semiótica. En el caso de Mead se orienta hacia la construcción de una teoría social. De esta manera, la comparación entre los dos autores será también una invitación a reflexionar sobre las posibilidades y los limites de una teoría pragmatista, más general, del símbolo.

PALABRAS CLAVE: PRAGMATISMO; CHARLES S. PEIRCE; GEORGE H. MEAD; SÍMBOLO; CONVENCIÓN; HÁBITO.


Plan de l’article

Introduction
1. Qu’est-ce qu’un symbole ? Un examen préliminaire de la définition piercienne
2. Habitudes et processus symbolique chez Peirce
3. Mead : interaction symbolique et interaction sociale
Conclusion : vers une théorie pragmatiste du symbole


Pour citer l’article

Tullio Viola, « Comment naît un symbole ? Une comparaison entre Charles S. Peirce et George H. Mead », Pragmata, n° 1, 2018, p. 60-88

Capture d_écran 2018-09-27 à 11.16.11

 

Télécharger l’article intégral

Caméra au poing : enquêter sur l’action politique par la vidéo. Une expérimentation pragmatiste à Moscou, par Perrine Poupin

1/2018


Résumés (fr/ang/esp)

L’enquête filmique est une méthode expérimentale 
qui peut servir de base à une démarche inductive. Elle
 a consisté dans notre cas à mener une observation ethnographique, équipée d’une caméra, sur des activités militantes à Moscou à la fin des années 2000. En vue d’explorer le sens de ces expériences revendicatives dans toutes leurs dimensions, l’enquête a également inclus une ethnographie en ligne des récits et des images diffusés 
sur Internet par les militants. Réaliser nous-même des vidéos nous a permis de partager la réalité de l’activisme quotidien, de faire l’expérience du monde des images à l’intérieur de communautés de production et de réception et de découvrir leur sens du point de vue des acteurs. Cet article tente ainsi d’articuler une perspective pragmatiste sur l’enquête filmique, qui associe observation par la médiation de la caméra, analyse des images militantes et ré-enracinement de celles-ci dans des contextes d’action collective. Cette démarche a fourni de solides appuis à une méthode comparative continue, que nous tentons de recadrer par rapport aux débats disciplinaires sur l’usage de la caméra en sciences sociales.

MOTS-CLEFS : PRAGMATISME ; RUSSIE ; MÉTHODES VISUELLES ET SONORES ; ANALYSE DU WEB ; ACTION COLLECTIVE ; ETHNOGRAPHIE PRAGMATISTE

Camera in hand: investigating political action through video. A pragmatist experiment in Moscow
Cinematic inquiry is an experimental method that can provide the basis for an inductive approach. In our case, it took the form of an ethnographic observation, conducted by camera, of activist activities in Moscow in the late 2000s. In order to explore the meaning of these experiments of protest in all their dimensions, the study also included an online ethnography of the narratives and images disseminated on the web by the activists. By making our own videos, we were able to share the reality of day-to-day activism, to experience the world of images within the communities of production and reception, and to discover their meaning from the perspective of the actors involved. This article therefore seeks to develop a pragmatist approach to cinematic inquiry, which combines observation mediated through the camera, the analysis of activist images, and the re-embedding of those images into contexts of collective action. This approach provided solid foundations for a continuous comparative method, which we seek to reframe in relation to the disciplinary discussions on the use of the camera in the social sciences.

KEYWORDS: PRAGMATISM; RUSSIA; VISUAL AND SOUND METHODS; WEB ANALYSIS; COLLECTIVE ACTION; PRAGMATIST ETHNOGRAPHY

Cámara en mano: investigar sobre la acción política a través del video. Una experimentación pragmatista en Moscú.
La investigación fílmica es un método experimental que puede servir de base a un enfoque inductivo. En nuestro caso consistió en hacer una observación etnográfica, equipada de una cámara, sobre las actividades militantes en Moscú a fines de los 2000. Con el fin de explorar el sentido de estas experiencias reivindicativas, en todas sus dimensiones, la investigación también incluyó una etnografía virtual de los relatos y las imágenes difundidas en Internet por los militantes. Realizar los videos nos permitió compartir la realidad del activismo cotidiano, experimentar el mundo de las imágenes al interior de comunidades de producción y de recepción y descubrir su sentido, desde el punto de vista de los actores. Así, este artículo articula una perspectiva pragmatista sobre la investigación fílmica que asocia la observación mediada por la cámara, el análisis de imágenes militantes y la re-inscripción de éstas en contextos de acción colectiva. Este enfoque nos ha aportado sólidas bases para un método de continua comparación, que aquí situamos en relación a los debates disciplinarios sobre el uso de la cámara en ciencias sociales.

PALABRAS CLAVE: PRAGMATISMO;
 RUSIA; MÉTODOS VISUALES Y SONOROS; ANÁLISIS DE LA WEB; ACCIÓN COLECTIVA; ETNOGRAFÍA PRAGMATISTA


Plan de l’article

Introduction
1. Filmer comme pratique d’enquête dans les sciences sociales
2. Un dispositif d’enquête filmique pour observer les activités revendicatives
3. Filmer l’action pour voir
4. Enquêter sur les usages des images et d’internet
Conclusion


Pour citer l’article

Perrine Poupin, « Caméra au poing : enquêter sur l’action politique par la vidéo. Une expérimentation pragmatiste à Moscou », Pragmata, n° 1, 2018, p. 129-179.

Capture d_écran 2018-09-27 à 01.45.38

 

Télécharger l’article intégral

Comment devient-on un pragmatiste allemand ? Entretien avec Hans Joas

1/2018


Résumés (fr/ang/esp)

« Comment devient-on un pragmatiste allemand ? » Entretien avec Daniel Cefaï, Olivier Gaudin et Thibaud Trochu
Hans Joas est Professeur Ernst Troeltsch de sociologie religieuse à l’Université Humboldt à Berlin et Professeur au département de sociologie et au Committee on Social Thought de l’Université de Chicago. Dans cet entretien, accordé en janvier 2018, l’accent est mis sur la réception du pragmatisme en Allemagne, et dans ce contexte, sur le parcours intellectuel et universitaire de Hans 
Joas. L’entretien donne ainsi à comprendre ce que Joas appelle les « mécompréhensions » (Missverständnis) de la réception du pragmatisme, et les usages variés qui en ont été faits sur la scène allemande et internationale. Au-delà de son interprétation de l’œuvre de George Herbert Mead (2007), Hans Joas a développé une perspective originale en « théorie sociale », à laquelle le public francophone a eu accès grâce à la traduction de La créativité de l’agir (1999), et récemment, de Comment la personne est devenue sacrée (2016). Il a également œuvré à de nombreux programmes de recherche interdisciplinaires, au Max-Weber-Kolleg d’Erfurt. En renouvelant l’analyse de problèmes et de concepts classiques – les valeurs, la guerre, la personne, les droits de l’homme, la religion et le sacré… –, il a mis
 en évidence la fécondité d’une démarche pragmatiste, distincte des approches critiques développées à Francfort comme des approches analytiques qui ont gagné les départements de philosophie.

MOTS-CLEFS : PRAGMATISME ; HANS JOAS ; GEORGE H. MEAD ; THÉORIE SOCIALE ; PHILOSOPHIE ET SOCIOLOGIE ; HISTOIRE DES IDÉES

“How does one become a German pragmatist?” An interview with Daniel Cefaï, Olivier Gaudin and Thibaud Trochu
Hans Joas is Ernst Troeltsch Professor of sociology of religions at the Humboldt University at Berlin and Professor at the Department of Sociology and the Committee on Social Thought, University of Chicago. In this interview, conducted in January 2018, the emphasis lays on the reception of pragmatism in Germany and, against this background, on Hans Joas’s intellectual and academic trajectory. The interview thus explains what Joas calls the “misunderstandings” (Missverständnis) in the reception of pragmatism, and the different uses to which it has been put on the German and international stage. In addition to his interpretation of the works of George Herbert Mead (2007), Joas has developed an original perspective in “social theory”, which the translation of The Creativity of Action (1996) and recently of The Sacredness of the Person (2013) made accessible to French-speaking readers. He has also worked on numerous interdisciplinary research programmes, at the Max-Weber-Kolleg in Erfurt. By renewing the analysis of classical problems and concepts – values, war, the person, human rights, religion and the sacred – he has demonstrated the fecundity of a pragmatist approach, distinct both from the critical approaches developed in Frankfurt and from the analytical approaches that have come to dominate philosophy departments.

KEYWORDS: PRAGMATISM; HANS JOAS; GEORGE H. MEAD; SOCIAL THEORY; PHILOSOPHY AND SOCIOLOGY; HISTORY OF IDEAS

Cómo se deviene un pragmatista alemán ? Entrevista con Daniel Cefaï, Olivier Gaudin y Thibaud Trochu.
Hans Joas es profesor Ernst Troeltsch de sociología religiosa en la Universidad Humboldt en Berlín y profesor en la Universidad de Chicago, Committee on Social Thought. En esta entrevista, realizada en Enero 2018, quisimos focalizarnos en la recepción del pragmatismo en Alemania, y en este contexto, en la trayectoria intelectual y académica de Hans Joas y sobre todo en lo que hace la unidad de su perspectiva , más allá de los cambios temáticos. De tal suerte la entrevista permite comprender lo que Joas llama las “malentendidos” (Missverständnis) de la recepción del pragmatismo y sus variados usos, en losofía y ciencias sociales, en la escena alemana e internacional. Mas allá de su trabajo de interpretación de la obra de George Herbert Mead (2007), Hans Joas ha desarrollado una perspectiva original en “teoría social” a la que el público francófo – no ha tenido acceso gracias a la traducción de La créativité de l’agir (1999) y recientemente de Comment la personne est devenue sacrée (2016). Joas también ha impulsado numerosos programas de investigación interdisciplinaria en el Max-Weber-Kolleg de Erfurt. Ha renovado el análisis de problemas y conceptos clásicos – valores, guerra, persona, derechos humanos, religión, sacralidad…–, evidenciado la fecundidad de la perspectiva pragmatista, diferente tanto de las perspectivas criticas desarrolladas en Frankfurt como de las perspectivas analíticas que ganan los departamentos de losofía.

PALABRAS CLAVE: PRAGMATISMO; HANS 
JOAS; GEORGE H. MEAD; TEORÍA SOCIAL;
 FILOSOFÍA Y SOCIOLOGÍA; HISTORIA DE LAS IDEAS.


Pour citer l’entretien

Hans Joas, Daniel Cefaï, Olivier Gaudin et Thibaud Trochu, « Comment devient-on un pragmatiste allemand ? Entretien avec Hans Joas », Pragmata, n° 1, 2018, p. 390-435.

Capture d’écran 2018-09-27 à 01.47.21.png

 

Télécharger l’article intégral

Dewey en Sciences de l’éducation. Le concept pragmatiste d’enquête, un concept d’analyse didactique ?, par Pierre Gégout

1/2018


Résumés (fr/ang/esp)

Comment le pragmatisme de John Dewey a-t-il irrigué 
le champ de la recherche en Sciences de l’éducation ? En quoi sa démarche, déjà vieille d’un siècle, continue-t-elle d’inspirer les recherches en didactique – définie comme l’étude des expériences et des activités d’enseignement ? Après avoir synthétisé quelques propositions de la théorie de l’enquête de Dewey et décliné certaines de 
ses conséquences pour l’éducation, cet article opère une transposition du pragmatisme dans le domaine de la didactique. La reconstruction d’une didactique qui tire les leçons du pragmatisme deweyen s’articule autour
 de concepts liés à l’enquête et à l’expérimentation. Pour illustrer cette démarche, la dernière partie de l’article propose une étude de cas, à partir d’observations réalisées in situ d’exercices de géométrie, dans la salle
de « classe des grands », à l’École Freinet de Vence. Dans le sillage d’Henri Louis Go, Gérard Sensevy ou Alain Mercier, l’analyse didactique de ce cas empirique se prête particulièrement bien à une interprétation pragmatiste.

MOTS-CLEFS : PRAGMATISME ; JOHN DEWEY ; ÉCOLE FREINET ; SCIENCES DE L’ÉDUCATION ; DIDACTIQUE ; ENQUÊTE

Dewey and the Science of education. The pragmatist concept of inquiry, a concept for didactic analysis?
How has John Dewey’s pragmatism infiltrated the field of research on Science of Education? How does his approach, already one century old, continue to inspire research in didactics – defined as the study of the experiences and activities of teaching? After summarising a few propositions in Dewey’s theory of inquiry and running through some of its consequences for education, this article seeks to transpose his pragmatism into the field of didactics. The reconstruction of a didactics that draws on Dewey’s pragmatism is based around concepts linked with inquiry and experimentation. In order to illustrate this approach, the final section of the article provides a case study based on in situ observations of exercises in geometry carried out in the “senior class” at Freinet School at Vence – an experimental school in the South of France. Reminiscent of Henri Louis Go, Gérard Sensevy or Alain Mercier, the didactic analysis of this empirical case lends itself particularly well to a pragmatist interpretation.

KEYWORDS: PRAGMATISM; JOHN DEWEY; FREINET SCHOOL; SCIENCES OF EDUCATION; DIDACTICS; INQUIRY

Dewey en las Ciencias de la educación ¿El concepto pragmatista de investigación, un concepto de análisis didáctico?
¿De qué manera el pragmatismo de John Dewey ha nutrido la investigación en Ciencias de la educación ? ¿En qué aspectos su enfoque, que ya data de hace un siglo, continúa inspirando la investigación en didáctica, entendida como el estudio de experiencias y actividades de enseñanza? Luego de sintetizar algunas proposiciones de la teoría de la investigación de Dewey y mostrar varias de sus consecuencias para la educación, este artículo hace una transposición del pragmatismo al dominio de la didáctica. La reconstrucción de una didáctica, que aprende del pragmatismo de Dewey, se articula en torno a conceptos relacionados a la investigación y experimentación. Para ilustrar este enfoque, la última parte del articulo propone un estudio de caso a partir de observaciones, realizadas in situ, de ejercicios de geometría, en la sala del “curso de los grandes”, en la Escuela Freinet de Vence – una escuela experimental en el sur de Francia. En la línea de Henri Louis Go, Gérard Sensevy o Alain Mercier, el análisis didáctico de este caso empírico se presta particularmente bien a una interpretación pragmatista.

PALABRAS CLAVE: PRAGMATISMO; JOHN DEWEY; ESCUELA FREINET; CIENCIAS DE LA EDUCACIÓN; DIDÁCTICA; INVESTIGACIÓN


Plan de l’article

Introduction
1. L’enquête chez Dewey et ses conséquences pour l’éducation
L’enquête
Quelques conséquences pour l’éducation
2. L’enquête en didactique
La reconstruction de la forme scolaire
L’école Freinet de Vence : un exemple de reconstruction ?
3. Le concept d’enquête en didactique : illustration dans l’analyse d’une pratique pédagogique observée à l’école Freinet de Vence
Description de la « recherche »
Analyse pragmatiste de la « recherche »
Conclusion


Pour citer l’article

Pierre Gégout, « Dewey en Sciences de l’éducation. Le concept pragmatiste d’enquête, un concept d’analyse didactique ? », Pragmata, n° 1, 2018, p. 92-127.

Capture d’écran 2018-09-27 à 01.50.42.png

 

Télécharger l’article intégral

La communauté est un processus (1919), par Mary P. Follett

1/2018


Résumés (fr/ang/esp)

« La communauté est un processus » (1919), traduit par Daniel Cefaï
La traduction de ce texte difficile nous est parue intéressante à plusieurs égards. Tout d’abord, Mary 
P. Follett reste une auteure peu lue en France, dont le rapport au pragmatisme de Harvard est à la fois manifeste et tourmenté. Elle recherche une synthèse qui dépasse les thèses des réalistes proches d’Edwin B. Holt et des idéalistes proches de T. H. Green, des monistes proches de Josiah Royce et des pluralistes proches de William James. Cela la conduit à une conception radicale de l’autoconstitution de la communauté comme processus d’intégration des perspectives, sentiments, intérêts, désirs et intentions de ses membres – membres qui eux- mêmes se forment et se transforment au cœur de cette dynamique collective. Il en découle une thèse forte sur l’émergence – processuelle et participative, coopérative et fédérative – de la personnalité collective et de la volonté collective des groupes sociaux, depuis les communautés de quartier jusqu’à la Société des nations. La poursuite 
du bien commun est rapportée aux activités collectives de communautés en train de se faire, en réponse à
 des problèmes qui se posent à leurs membres et qu’ils s’efforcent de résoudre.

MOTS-CLEFS : PRAGMATISME ; MARY P FOLLETT ; COMMUNAUTÉ ; ÈRE PROGRESSISTE ; PSYCHOLOGIE DE GROUPE ; MONISME ET PLURALISME

« Community is a Process » (1919)
The translation of this text may be useful in several respects. First of all, Mary P. Follett is an author who is not so much read in France, and whose relationship with Harvard pragmatism was both evident and tormented. She was looking for a synthesis that would go beyond the theses of the realists a liated with Edwin B. Holt and the idealists a liated with T. H. Green, of the monists close to Josiah Royce and the pluralists close to William James. This led her to a radical conception of the self-constitution of a community as a process of integration of the attitudes, feelings, interests, desires and intentions of its members – themselves transformed within this collective dynamics. This prompted her to adopt a strong position on the emergence – processual and participatory, cooperative and federative – of the collective personality and collective will of social groups, from neighbourhood communities, right up to the Society of Nations. The pursuit of the common good is related to the collective activities of communities in the making, in response to problems that their members face and seek to resolve.

KEYWORDS: PRAGMATISM; MARY P FOLLETT; COMMUNITY; PROGRESSIVE ERA; GROUP PSYCHOLOGY; MONISM AND PLURALISM

“La comunidad es un proceso” (1919)
La traducción de este texto nos ha parecido interesante por varias razones. Primero, Mary P. Follett sigue siendo una autora poco leída en Francia, cuya relación con el pragmatismo de Harvard es mani esta y atormentada a la vez. Follett busca una síntesis que supere las tesis realistas, como las de Edwin B. Holt, e idealistas como las de T.H. Green, las monistas, como las de Josiah Royce y las pluralistas como las de William James. Ello la lleva a una concepción radical de la auto-constitución de la comunidad en tanto proceso de integración de perspectivas, sentimientos, intereses, deseos e intenciones de sus miembros que se constituyen y se transforman, ellos mismos, en esta dinámica colectiva. De ello se desprende une tesis fuerte sobre la emergencia – procesual y participativa, cooperativa y federativa –de la personalidad y voluntad colectivas de los grupos sociales, desde las comunidades barriales hasta la Sociedad de naciones. La búsqueda del bien común es atribuida a las actividades colectivas de comunidades en constante proceso de formación, en respuesta a problemas que presentan a sus miembros y que éstos se esfuerzan por resolver.

PALABRAS CLAVE: PRAGMATISMO; MARY P FOLLETT; COMUNIDAD; ERA PROGRESISTA; PSICOLOGÍA DE GRUPOS; MONISMO Y PLURALISMO


Pour citer la traduction

Mary P. Follett, « La communauté est un processus », traduit par Daniel Cefaï, Pragmata, n° 1, 2018, p. 303-329.

Capture d_écran 2018-09-27 à 01.52.14

 

Télécharger l’article intégral

« Reconstruire la communauté » à l’ère progressiste. Les multiples contextes de la politique des groupes de Mary P. Follett, par Daniel Cefaï

1/2018


Résumés (fr/ang/esp)

En préambule à la traduction du texte « Community is a Process » (1919) de Mary P. Follett, différents sens du mot
« communauté », à l’ère progressiste, sont ici examinés : celui du diagnostic de la crise de la communauté ; celui
de la tentative, par l’action directe de l’organisation communautaire, d’en retrouver l’intelligence et le contrôle ; celui de l’énigme philosophique, sociologique et juridique de la personnalité collective des communautés ; celui, enfin, des critiques adressées à The New State de Follett (1918), qui touchent au manque de réalisme de sa description de la vie des communautés locales et de son évaluation de leur capacité au self-government, en relation à l’État. L’ambition de ce texte est ainsi d’éclairer les multiples contextes d’expérience dans lesquels s’inscrit l’enquête pragmatiste sur « la communauté », des années 1890 à la n des années 1920. Il invite à ne pas commettre d’anachronisme dans la compréhension du sens des articles publiés par The New Republic, des recherches en sociologie, travail social et organisation communautaire, et des écrits plus théoriques comme ceux de Jane Addams, Harold Laski, Robert E. Park ou John Dewey.

MOTS-CLEFS : PRAGMATISME ; MARY P FOLLETT ; ÈRE PROGRESSISTE ; COMMUNAUTÉ POLITIQUE ; SELF-GOVERNMENT ; POLITIQUE DES GROUPES

“Reconstructing community” in the progressivist era. The multiple contexts of Mary P. Follett’s group politics.
In the foreword to the translation of the text “Community is a Process” (1919) by Mary P. Follett, Daniel Cefaï examines several distinct meanings of the word “community”: the diagnosis of the crisis of community; the attempt, through direct action by community organisations, to reconstruct intelligence and control; the philosophical, sociological, and legal puzzle of the collective personality of communities; and finally, the critical comments addressed at Follett’s The New State (1918), concerning the lack of realism of her description of the life of local communities and of her assessment of their capacity for self-government. The aim of this text is therefore to elucidate the multiple contexts of experience in which the pragmatist inquiry into the notion of “community” was embedded, from the 1890s to the end of the 1920s. It warns against anachronism in our unders- tanding of the meaning of the articles published by The New Republic, of research in sociology, social work and community organisation, and of more theoretical writings such as those of Jane Addams, Harold Laski, Robert. Park or John Dewey.

KEYWORDS: PRAGMATISM; MARY P FOLLETT; PROGRESSIVE ERA; POLITICAL COMMUNITY; SELF-GOVERNMENT; GROUP POLITICS

“Reconstruir la comunidad” en la era progresista. Los múltiples contextos de la política de los grupos de Mary P. Follett
En preámbulo a la traducción del texto “Community is a Process” (1919) de Mary P. Follett, son examinados diferentes sentidos de la palabra “comunidad” en la era progresista: el de diagnóstico de la crisis de la comunidad; el de la tentativa por medio de la acción directa de la organización comunitaria, de recuperar la inteligencia y el control de la comunidad; el de enigma losó co, sociológico y jurídico de la personalidad colectiva de las comunidades; finalmente el de las críticas a The New State de Follett (1918) referidas a la falta de realismo de su descripción de la vida de las comunidades locales y a su evaluación de la capacidad de self-gouvernment de éstas en relación al Estado. La ambición de este texto es elucidar los múltiples contextos de experiencia en los que se inscribe la investigación pragmatista de la “comunidad” de los años 1890 hasta nes de los años 1920. El texto nos invita a evitar anacro- nismos para poder comprender el sentido de los artículos publicados por The New Republic, las investigaciones en sociología, trabajo social y organización comunitaria, así como escritos más teóricos como los de Jane Addams, Harold Laski, Robert E. Park ou John Dewey.

PALABRAS CLAVE: PRAGMATISMO; MARY P FOLLETT; ERA PROGRESISTA; COMUNIDAD; CENTROS SOCIALES; SELF-GOVERNMENT


Plan de l’article

Introduction
1. La crise de la communauté : diagnostic et dépassements
2. La naissance de l’organisation communautaire : les centres sociaux
3. Unité et pluralité, réalité et fiction : le processus, au-delà des antinomies
4. La salve des critiques adressées à The New State


Pour citer l’article

Daniel Cefaï, « Reconstruire la communauté à l’ère progressiste. Les multiples contextes de la politique des groupes de Mary P. Follett », Pragmata, n° 1, 2018, p. 246-301.

Capture d_écran 2018-09-27 à 01.59.20

 

Télécharger l’article intégral

 

Ce que je crois (1930), par John Dewey

1/2018


Résumés (fr/ang/esp)

« Ce que je crois » (1930), traduit par Joan Stavo-Debauge
Dans ce texte initialement paru en 1930, John Dewey présente sa propre conception de la foi. S’il laisse entendre qu’il s’inspire de William James, sans le citer nommément, la conception deweyenne de la foi opère une complète rupture avec la foi religieuse traditionnelle. En effet, dans « What I Believe », en allant plus loin que James dans le geste de sécularisation, Dewey articule et promeut une foi en la seule et unique autorité de l’expérience. Il prend ainsi en compte et prolonge
les apports de l’expérimentalisme scientifique et de l’idéal de la démocratie – beaucoup plus qu’un régime politique, une forme de vie. De part en part naturalisée, la foi deweyenne s’oppose donc au surnaturalisme des religions historiques. Elle se développe en suivant une ligne et en traçant un sillon qui ne reconnaît d’autre autorité que celle de l’expérience. Abjurant tout surnaturalisme, et récusant l’idée qu’il y aurait quelque chose comme un Bien unique, supérieur et englobant, Dewey, sur le fondement de la seule expérience et avec une attention à la richesse de chaque situation, propose un développement démocratique et scientifique des capacités de réalisation individuelle et d’organisation collective des êtres humains en société.

MOTS-CLEFS : PRAGMATISME ; RELIGION ; FOI ; DÉMOCRATIE ; MÉTHODE SCIENTIFIQUE ; SURNATURALISME ; NATURALISME

John Dewey, “What I Believe” (1930)
In this text, initially published in 1930, John Dewey presents his own conception of faith. While he implies that he is inspired by William James, without mentioning him by name, Dewey’s conception of faith marks a complete break with traditional religious faith. Indeed, in “What I Believe”, going further than James in the direction of secularisation, Dewey expresses and promotes a faith in the sole authority of experience. In so doing, he adopts and extends the contributions of scientific experimentalism and the ideal of democracy, much more than a political regime, a form of life. Entirely naturalised, Deweyan faith is thus opposed to the supernaturalism of historical religions. It develops along a line that recognises no authority other than experience. Abjuring supernaturalism, and rejecting the idea that there is anything like a single, superior and overarching Good, Dewey, on the basis of experience alone and with attention to the richness of every situation, proposes a democratic and scientific development of the possibilities for the individual fulfillment and collective organisation of human beings within society.

KEYWORDS: PRAGMATISM; RELIGION; FAITH; DEMOCRACY; SCIENTIFIC METHOD; SURNATURALISM AND NATURALISM

John Dewey, “Lo que creo” (1930)
En este texto, inicialmente publicado en 1930, John Dewey presenta su propia concepción de la fe. Si bien da a entender que se inspira de William James, sin citarlo por su nombre, la concepción deweyana de la fe opera una ruptura completa con la fe religiosa tradicional. En efecto, en “What I Believe”, yendo más lejos que James en el gesto de secularización, Dewey articula y promueve una fe en la autoridad única y exclusiva de la experiencia. Así, toma en consideración y prolonga las contri- buciones del experimentalismo científico y del ideal de democracia – más que un régimen político, una forma de vida. Enteramente naturalizada, la fe deweyana se opone así al sobrenaturalismo de las religiones históricas. Se desarrolla siguiendo una línea y dibujando una traza que no reconoce otra autoridad que la experiencia. Abjurando de todo sobrenaturalismo y rechazando que exista algo así como un Bien único, superior y englobante, Dewey, basado únicamente en la experiencia y prestando atención a la riqueza de cada situación, propone un desarrollo democrático y científico de las capacidades de realización individual y de organización colectiva de los seres humanos en sociedad.

PALABRAS CLAVE: PRAGMATISMO; RELIGIÓN; FE; DEMOCRACIA; MÉTODO CIENTÍFICO; SOBRENATURALISMO Y NATURALISMO


Pour citer la traduction

John Dewey, « Ce que je crois » (1930), traduit par Joan Stavo-Debauge, Pragmata, n° 1, 2018, p. 348-369.

Capture d_écran 2018-09-27 à 01.56.36

 

Télécharger l’article intégral